Lomé réoriente le judo africain

La Journée internationale de réflexion sur le judo africain qui s’est déroulée dans la capitale togolaise du 16 au 18 février, a tenu toutes ses promesses. Ce qu’on peut retenir, c’est que la réunion de Lomé a permis de mutualiser les forces pour redorer le blason du judo en Afrique.

Accueillis à l’aéroport international de Lomé samedi 15 février, les présidents des fédérations de judo de l’Afrique du Sud, du Mozambique, du Swaziland, du Lesotho, du Tchad, de Malawi, du Zimbabwe, de l’Ouganda, du Kenya, de la Zambie, du Burundi, de la Tanzanie, du Rwanda, des Comores, de la Guinée, de la Sierra-Léone, du Sénégal, de la Côte d’Ivoire, du Bénin, du Ghana, et de la Mauritanie, ont été marqués par les honneurs et le protocole dus à leurs rangs.

Convoyés de l’aéroport dans un grand hôtel de la capitale togolaise où ils ont séjourné, les différentes délégations ont eu l’occasion de partager des moments forts et inoubliables autour du judo. « C’est une première sur le continent qu’une Fédération nationale de judo initie cette initiative de classe internationale », se félicite Me Abakar Djermah Aumi, président de la Fédération tchadienne de judo. « En Afrique, les présidents des Fédérations nationales de judo ne sont pas souvent considérés, alors que ce sont des personnes honorables, par la qualité du travail qu’ils font sur le continent. Le Togo nous a vraiment marqué par cette organisation hors pair. Et nous pensons qu’il s’agit d’un nouveau départ », a déclaré le président de la Fédération ivoirienne de judo.

«Aujourd’hui, nous constatons par rapport aux Jeux Olympiques que dans le domaine du judo, l’Afrique ne fait pas assez de résultats. C’est pourquoi nous avons initié cette rencontre pour permettre aux pays participants de faire un partage d’expériences afin de mettre ensemble les points forts. La finalité est d’améliorer cette discipline dans nos pays respectifs et de mettre en place une stratégie qui va permettre à nos sportifs d’avoir toutes les chances pour se qualifier aux Jeux Olympiques de Paris 2024 et Los Angeles 2028 », a précisé Me Abakar Djermah Aumi. « Nous venons de sortir d’une compétition à Paris où la France a remporté 3 médailles d’or grâce à ses judokas d’origine africaine. Cela veut qu’il existe du potentiel en Afrique et que le problème se trouve au niveau du management et de l’organisation de nos fédérations. Il est donc temps que nous échangions nos expériences pour booster le Judo dans nos pays respectifs. Et nous pensons que le décollage de nos pays permettra de booster la discipline au niveau continental », a-t-il ajouté.

Samedi 15 février, le convoi des 25 délégations africaines présentes sur le sol togolais a visité l’école SOS Village d’Enfants où la Fédération togolaise de judo a initié depuis quelques années le projet « Judo à l’Ecole ». Ce qui a permis aux hôtes de tâter du doigt l’état d’avancement de ce projet au Togo. Démonstrations des enfants judokas, combats d’exhibition, les élèves de cet établissement scolaire bénéficiaire de ce projet ont émerveillé l’assistance par la qualité de leurs prestations. « Ça prouve simplement que le judo a de l’avenir. Regardez ces enfants, ce qu’ils font à leur bas âge. C’est époustouflant. Le Togo a une belle pépinière et cela nous conforte à en faire davantage dans nos pays », a fait savoir Manirakiza Valery, président de la Fédération burundaise de judo. Des kimonos et des matériels sportifs ont été offerts à SOS Village d’Enfants par les délégations africaines.

A l’issue de la Journée de réflexion de haut niveau qui a eu lieu dimanche 16 février, on retient que cette rencontre n’est qu’une première étape d’une série de trois qui s’étale sur l’année 2020. « Cette séance de travail a permis d’avoir des propositions des présidents des Fédérations nationales de judo sur le continent et d’identifier les structures qui interviennent en matière de judo et qui peuvent nous accompagner. Nous avons aussi convenu que nous devons nous entraider au niveau marketing, de la formation et des compétitions. De même, nous avons souligné qu’il doit y avoir désormais une interaction entre nos fédérations et les pouvoirs publics, afin d’accompagner plus efficacement nos athlètes », a affirmé Deladem Akpaki, président de la Fédération togolaise de judo.

En outre, on note également que les bases sont jetées pour l’entraide et la mutualisation des forces entre les différentes fédérations nationales, l’organisation des compétitions au niveau sous-régional et la prospection pour le sponsoring des activités du judo.

Le séjour des différentes délégations a pris fin sur une note de satisfaction générale. Une visite guidée à Kpalimé puis à Atakpamé a permis aux participants de découvrir les potentialités touristiques du Togo. Les présidents de fédérations de judo sont repartis avec fiers de Lomé, avec le sentiment du devoir accompli sur l’avenir dont ils rêvent pour le judo africain.

Elom ATTISSOGBE