Coronavirus : 02 Togolais, héros en Chine

Pendant que l’épidémie du Coronavirus continue de faire rage en Chine avec un bilan estimé à plus de 2000 morts depuis décembre 2019, deux jeunes Togolais se signalent par leur bravoure dans la lutte contre l’épidémie, précisément dans la ville Changzhou-Jiangsu où les sorties des habitants sont surveillées et très limitées.

Ils ont pour noms Badoumnalou Afegnan Bakpati et Boukpessi Aféina. En Chine depuis deux ans, ces deux Togolais qui travaillent dans l’entreprise Lipute Technology suscitent la curiosité de la Chine par l’acte courageux qu’ils posent. Depuis le début de l’épidémie, nos compatriotes ont décidé de travailler bénévolement pour un hôpital local qu’ils appuient, en empêchant des personnes présentant des symptômes du virus d’entrer dans la province de Changzhou-Jiangsu.

Avec leurs équipements de protection (masque de protection, gants, gilet, cache-nez), ils sont debout, comme des « gardiens de la cité », à l’entrée de la ville avec un appareil de contrôle en main, pour prendre la température et examiner tout passant qui entre ou sort de la ville.

Courageux

Ayant appris la nouvelle, notre rédaction a réussi à entrer en contact avec l’un des deux Togolais résidant en Chine. « Depuis le début de l’épidémie, tout le monde est chez lui à la maison. Les va-et-vient sont rares. Toutes les routes sont bloquées. Il n’y a plus d’activités dans le pays. Nous deux avions fait 10 jours à la maison, sans bouger. Un soir, on a décidé de faire une petite promenade pour voir comment la ville se portait. C’est là que nous avons entendu la responsable chargée du contrôle se plaindre de la grande affluence et de l’insuffisance des agents à faire face au contrôle. C’est ainsi que nous leur avons proposé notre aide et ils ont accepté. Il s’agit d’une cause générale », a confié à notre rédaction Badoumnalou Afegnan Bakpati.

« Nous avons les équipements de protection nécessaires pour ne pas être infectés. Il n’y a pas de cas de coronavirus dans notre ville. Il faut veiller à ce que cela n’arrive pas. Il vaut mieux rester sur le terrain pour aider à lutter contre l’épidémie, plutôt que de rester à la maison en ayant peur. C’est un défi pour nous », poursuit-il.

Même si leur pays d’origine s’apprête à connaître un scrutin présidentiel le 22 février prochain, les deux compatriotes prient les autorités de venir en aide aux Togolais vivant en Chine. « Les Togolais d’ici se sentent orphelins depuis le début de l’épidémie. Ils n’ont aucune nouvelle du gouvernement, même pas des ambassades. On espère qu’ils viendront au secours de nos concitoyens. D’autres Etats africains rapatrient leurs ressortissants. Nous prions nos autorités de faire le nécessaire pour nos compatriotes qui vivent ici et qui ne savent quoi faire », plaide Badoumnalou Afegnan Bakpati.

Le nombre de victimes du Covid-19 en Chine continentale s’est alourdi, lundi 17 février, à 1 765 morts, selon les derniers chiffres officiels. Hors Chine continentale, le bilan a atteint les 1 770 morts. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a averti que la propagation du coronavirus restait « impossible à prévoir ». Des experts internationaux dépêchés à Pékin par l’OMS ont commencé à discuter avec leurs homologues chinois. « Nous avons hâte que cette collaboration importante et vitale contribue aux connaissances mondiales sur l’épidémie de #COVID19 », a estimé le chef de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, dimanche soir sur Twitter.

Un haut responsable chinois a estimé que son pays était en train de maîtriser l’épidémie. « On peut déjà constater l’effet des mesures de contrôle et de prévention de l’épidémie dans différentes parties du pays », s’est félicité le porte-parole du ministère chinois de la Santé, Mi Feng.

Elom ATTISSOGBE