Ce qu’il fera du prochain quinquennat

La Cour Constitutionnelle s’est prononcée…définitivement. Faure Gnassingbé est réélu président de la République au premier tour de l’élection du 22 février avec 70,78% des suffrages. Le candidat de l’Union pour la République (UNIR) brigue ainsi un quatrième mandat. Quels sont ses engagements ? Quelles sont les urgences ? Diagnostic.

« Aucune nation n’est définitivement otage de son passé. Il est toujours possible de faire le choix de se mettre ensemble pour construire un futur dans lequel chaque citoyen a un sentiment de dignité et d’appartenance. Je suis déterminé à imprimer un nouvel élan à la conduite et à la marche du Togo, à écrire ensemble, avec vous tous, une nouvelle page glorieuse de l’histoire de notre pays, à travers une offre politique dynamique et crédible. Nous avons, durant ces dernières années, appris à mieux nous connaître et vous savez quels sont les principes et valeurs qui ont toujours guidé mon action pour bâtir un Togo moderne, stable et prospère pour le bien-être de tous les Togolais. Pour le Togo, nous pouvons prendre, ensemble et collectivement, cet engagement ferme en faveur de l’unité nationale et pour la construction de notre nation, dans la paix et la concorde. C’est à cela que je m’engage avec humilité et avec détermination, avec la même décision, le même courage, la même conscience : en un mot, avec un profond sentiment du devoir ».

Ces mots du président Faure Gnassingbé à l’orée de son quatrième mandat, présentent ses engagements pour les cinq prochaines années à la tête de l’Etat. Des engagements qui tournent autour de cinq axes principaux.

La paix et la sécurité à préserver

La sous-région ouest-africaine est confrontée à une dégradation rapide et inquiétante de la situation sécuritaire. Afin de consolider les efforts communs de paix, le président Faure Gnassingbé entend renforcer la sécurité de l’écosystème digital par l’opérationnalisation prochaine de l’Agence nationale de la cybersécurité (ANCy) et de l’Instance de protection des données à caractère personnel (IPDCP), afin d’établir la confiance entre les acteurs et protéger le Togo et les populations des intentions malveillantes. Le chef de l’Etat compte enclencher une dynamique de développement accru d’une vigilance citoyenne et de relations harmonieuses et de confiance entre les populations et les forces de défense et de sécurité à travers les comités interministériels de prévention et de lutte contre l’extrémisme violent, ainsi que la promotion du dialogue communautaire sur les causes des tensions en impliquant les jeunes et les femmes de manière spécifique.

Le renforcement des dispositifs permettant de faire face aux nouvelles menaces, la poursuite de la modernisation des forces de défense et de sécurité et des mesures relatives à la sécurité maritime aux larges de nos côtes font également partie des priorités du quatrième mandat de Faure Gnassingbé.

Une gouvernance concertée

Durant ce mandat, le chef de l’Etat prévoit parachever l’architecture institutionnelle prévue par la Constitution avec l’élection et l’installation rapide des conseils régionaux et du Sénat dans le cadre du processus de décentralisation en cours. L’instauration de mécanismes et de cadres de dialogue et de concertation au moins une fois par an avec les principaux acteurs et composantes de la société togolaise sur les priorités et objectifs de développement ou des questions spécifiques d’intérêt national, et la mise en place d’un dispositif annuel et participatif d’évaluation de l’action publique à travers notamment un forum national citoyen occupent également une place de choix à l’agenda du quatrième mandat.

Dès 2021, des formations professionnelles seront mises à la disposition des citoyens en lien avec les besoins des plans de développement communaux. Ces formations se dérouleront au niveau communal ou préfectoral. Il est également prévu la poursuite de la modernisation de l’administration publique autour de valeurs de redevabilité et d’efficacité avec un renforcement des effectifs de 25.000 agents supplémentaires sur les cinq prochaines années, à raison de 5000 agents par an.

Faure Gnassingbé compte également expérimenter un modèle de gestion participatif des systèmes éducatifs et de santé à travers une implication et une participation plus fortes des acteurs locaux (collectivités et autorités locales, associations de parents d’élèves, secteur privé national, partenaires sociaux, organisations de la société civile), notamment sur les contrôles de qualité de systèmes éducatifs et de santé. Dans ce cadre, institutionnaliser un quota d’au moins 20% de jeunes dans les structures qui seront mises en place.

La création de richesses

Convaincu que la création de richesses ne pourra se réaliser sans un partenariat renforcé avec le secteur privé, Faure Gnassingbé mise sur différents acteurs qui constituent les champions du développement du Togo.

Au chapitre de l’agriculture, le président de la République veut accélérer l’extension du Mécanisme incitatif de financement agricole (MIFA) à de nouvelles filières porteuses afin de poursuivre l’augmentation de la part du financement privé au profit du secteur agricole. Il compte réduire les coûts et la disponibilité des engrais à travers la production locale d’engrais à partir du phosphate togolais et la promotion d’une industrie locale d’engrais biologique. Les taxes et les droits fiscaux sur les équipements et matériels agricoles bénéficieront aussi d’une réduction afin d’améliorer la compétitivité des produits agricoles togolais. La modernisation des techniques productives et transformatrices pour les communautés rurales à travers l’accélération et le renforcement de la mécanisation et la mise en place des aménagements hydro-agricoles est à prendre en compte, avec une campagne de dessouchage qui sera développée pour 500.000 ha à un prix subventionné. La création de 400 Zones d’aménagement agricole (ZAAP) comportant des retenues d’eau à raison d’une ZAAP par canton. De même, 10.000 ha d’irrigation goutte à goutte seront aménagés en faveur de 40.000 jeunes entrepreneurs agricoles sur l’ensemble du territoire et 1000 entreprises de mécanisation agricole seront installées pour la modernisation de la production agricole. Le chef de l’Etat entend également mettre en place des installations frigorifiques adaptées à l’aéroport international Gnassingbé Eyadéma et au Port Autonome de Lomé afin de faciliter la conservation, le transport et l’exportation des produits agricoles et halieutiques togolais.

En matière d’accès aux marchés, de facilitation du commerce et d’écoulement de produits locaux, la vision du chef de l’Etat passe par la poursuite du développement du corridor togolais par la construction de l’autoroute de l’Unité (Lomé-Cinkassé) et la modernisation de la voie Avépozo-Aného incluant la protection des côtes maritimes togolaises. La construction d’une plateforme multi-services à Adakpamé et d’un port sec à Cinkassé pour décongestionner le Port Autonome de Lomé, la poursuite de la construction des voies transversales pour faciliter l’accès des acteurs économiques, notamment ruraux aux marchés, sont inscrites au cœur du prochain quinquennat. L’objectif est de construire 4000 km de pistes rurales additionnelles sur les cinq ans. Au total, près de 1000 milliards FCFA seront consacrés au développement des infrastructures routières.

Sur le plan de l’industrialisation et de l’accélération de la croissance économique, un plan de développement de l’industrie est conçu autour de 3 axes, ainsi que la promotion de 4000 entreprises artisanales pour une meilleure intégration des acteurs de ce secteur. La mise en place d’une politique de promotion de l’actionnariat local en réservant au moins 20% de participations dans tous les projets développés au partenariat public-privé, la mise en place d’un fonds de soutien aux projets innovants et inventifs, la réservation au profit des femmes d’un quota de 30% d’accès aux terres aménagées dans le cadre des ZAAP, etc., la mise en place et l’opérationnalisation des centres de gestion agréés pour les jeunes et les femmes dans toutes les régions du Togo sont au programme de l’industrialisation et de l’accélération de la croissance économique.

Accès universel aux services sociaux de base

En matière d’électricité, la marche vers l’indépendance énergétique du Togo sera accélérée avec la construction de six unités de production : trois solaires qui seront mises en service dès début 2021 et trois centrales hydroélectriques mises en service avant 2025. L’objectif est d’atteindre un taux d’électrification de 75% en 2025 et 100% en 2030 en intégrant notamment l’accès de 300.000 foyers à l’énergie à travers les kits solaires via le programme Cizo. 2galement prévue, l’installation de 120.000 lampadaires solaires dans les zones rurales couplée à la mise en place d’un programme de maintenance à long terme des lampadaires.

Dans le domaine du numérique, l’extension du très haut débit internet en déployant la fibre optique dans toutes les préfectures, avec pour ambition de faire du Togo, un pays 100% fibre optique à l’horizon 2025.

L’accès aux services publics sera marqué par la gratuité des actes de naissance et le rapprochement de services de délivrance des documents administratifs, la gratuité, avec effet immédiat, des frais d’inscription aux examens nationaux (BEPC, BAC 1, et BAC 2).

L’extension de la fourniture de repas communautaires en milieu scolaire avec la multiplication par les frais du nombre d’écoles dotées de cantines scolaires et le triplement du nombre d’apprenants bénéficiaires qui sera porté à 300.000, l’élargissement et la pérennisation des initiatives d’engagement citoyen et d’opportunités pour les jeunes vulnérables en triplant le nombre de jeunes bénéficiaires pour le porter à 100.000 sur les cinq prochaines années, etc., sont prévus.

Une santé et une éducation de qualité pour tous

Faure Gnassingbé promet au cours du prochain quinquennat, l’extension de l’assurance-maladie universelle à tous les Togolais, permettant de réduire de plus de 80% la part du coût des soins de santé supportés par les ménages togolais. La modernisation des CHR avec la réhabilitation des infrastructures, l’acquisition et le déploiement de nouveaux équipements et matériels, y compris un scanner au sein de chaque structure, la construction et l’équipement de six centres de santé mère-enfant sur toute l’étendue du territoire couplées avec le doublement du nombre d’accoucheuses auxiliaires d’Etat, la construction de cent centres médicaux sociaux et la réhabilitation des centres de santé communautaires existants avec une attention particulière aux équipements en soins obstétriques performants SONU (Soins obstétricaux et néonataux d’urgence) sont au chapitre de la modernisation de la santé. Pour réduire la pénurie de sang, il est prévu une banque de sang par région.

Dans le domaine de l’éducation, le chef de l’Etat annonce la construction de 25.000 salles de classe en cinq ans par le biais d’un mécanisme de financement innovant associant le secteur privé.

Voilà, en résumé, la feuille de route du président Faure Gnassingbé pendant les cinq prochaines années.

Elom ATTISSOGBE